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le sac-à-dos Pro : Vendredi

le sac-à-dos Pro : Vendredi

le sac-à-dos Pro : Vendredi

10 février 2018

Par : admin

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Le sac-à-dos conçu pour les professionnels de l’environnement

Dans leur quotidien de nombreux professionnels utilisent des sac-à-dos pour transporter leurs outils de travail. Tout comme les photographes, les archéologues, les zoologues, les anthropologues ou encore les ethnologues, certains particuliers passionnés par des activités outdoor ou en environnement difficile sont également amenés à faire un choix sur le sac qui contiendra leur matériel le plus précieux.

Tous deux sensibilisés à ces problématiques, Quentin Didierjean, designer issu de l’ENSCI, et Joris Matyja, géographe issu de l’Université Jean Jaurès de Toulouse, ont élaboré un nouveau modèle de sac-à-dos haut de gamme baptisé Vendredi qui répond aux besoins communs de la majorités des professionnels et des passionnés. Au-delà de la rapidité d’accès qu’il donne à son contenu, de sa robustesse, du confort de son port ou de la protection qu’il apporte aux éléments transportés par le choix des matériaux, Vendredi comporte une coque protectrice ainsi qu’un système permettant d’en faire une assise ou un encore une desserte pour le matériel.

Vendredi, grâce à la démarche design qui a piloté à sa conception, se trouve à la croisée des marchés de l’outdoor et du sac-à-dos professionnel. Le marché des sacs à dos et bagages outdoor était en 2014 estimé à 305 M€ en Europe, il devrait poursuivre sa croissance grâce à l’engouement pour les activités en extérieur et à la multiplication de l’électronique tout terrain (*). Les acteurs du secteur, nombreux (Lafuma, Lowepro, Samsonite, etc.), misent sur la montée en gamme et l’innovation qui sont connexes à la performance technique. Ainsi par exemple les sacs destinés aux photographes, comportant des compartiments, protecteurs et compacts bénéficient du dynamisme de la photographie qui connaît en effet une croissance de 3 à 4% chaque année.

 

L’accompagnement Lutech

Lutech a rencontré les porteurs en amont du projet alors qu’il étaient accompagnés dans l’exploration du concept par l’ENSCI au sein d’un atelier intitulé « du projet au produit ». C’est en 2015, après plusieurs mois de réflexion des porteurs, que Lutech a mis en place avec eux un programme de développement visant notamment à concevoir un prototype fonctionnel et à assurer la protection par brevets du concept. Jacques du Sordet, directeur de l’agence de photographies ANA qui donne à voir toutes les régions du monde, a évalué l’intérêt du projet et estime que Vendredi, une fois abouti, pourra répondre aux exigences du photographe baroudeur. Le projet, qui sera présenté lors du salon de la photo à Paris en novembre 2017, est désormais accessible aux entreprises désireuses de l’exploiter.

Quentin Didierjean et Joris Matyja ont accepté de répondre à nos questions afin de nous éclairer sur leur démarche. Vous pouvez également retrouver ici la présentation faite par Joris Matyja à l’occasion du salon Vivatechnology en juin 2017.


Qu’est-ce qui vous a motivés à vous engager sur ce projet ? 

[Joris] Il y a deux éléments : les potentiels du projet et la qualité de notre duo. Les potentiels du projet étaient, ils le sont encore, grands. Il s’agissait de me confronter au monde de la création qui m’était alors parfaitement inconnu, curieux de nature cette perspective m’enchantait déjà. Il y a aussi l’aspect plus pratique que de faire de mes expériences de géographe, randonneur et militaire une matière valorisable pour la conception d’un outil qui permette à mes confrères de terrain d’améliorer leurs conditions de travail. Quant à la qualité de notre duo, nous nous connaissons depuis le lycée et dès la genèse du projet nous avons adopté une méthodologie dans laquelle chacun d’entre nous pouvait se retrouver et s’accomplir.

[Quentin] Ce qui m’a le plus séduit c’était de pouvoir mener à bien un projet où j’avais moi-même identifié les besoins et les enjeux. Avoir la chance développer un projet à ma propre initiative m’a permis de revendiquer un domaine de travail où je me sens utile et qui me donne un fil conducteur pour exercer mon métier. Les conditions dans lesquelles on peut être à la fois commanditaire et designer sont rares, l’expérience n’en est que plus singulière et enrichissante ! La clé de voûte de ma motivation c’est d’avoir pu travailler avec un équipier. Je pense que l’on tire beaucoup de satisfaction d’un travail de groupe qui allie plusieurs domaines d’expertise.


Pouvez-vous expliciter la démarche design que vous avez appliqué pour avancer dans le projet ? 

[Joris & Quentin] On ne se reconnaissait pas dans le matériel que nous avions à notre disposition pour randonner. Partant de ce ressenti très personnel nous avons formulé une ébauche de projet à partager avec des interlocuteurs privilégiés. Nous nous sommes tournés vers des professionnels afin de poursuivre la « maîtrise d’usage » de l’objet. Nous avons rencontré des spécialistes issus du monde de la photo et des sciences naturelles qui nous ont apporté leur expérience et des retours cruciaux pour donner corps au projet. Nous avons ensuite identifié les attentes communes chez tous ces travailleurs des milieux extrêmes et nous avons essayé de mettre un nom et une image sur cette vision très professionnelle de l’outdoor  : le sac-à-dos Vendredi est né.

Partir d’une idée et se confronter directement à un public potentiel, c’était un pari, c’est devenu une méthode… Cela permet une production à la demande plus ciblée et pertinente. Dans un domaine très concurrentiel et déjà inondé d’objets, nous avons pris le parti de ne pas créer un besoin mais plutôt d’en identifier un et d’y répondre avec justesse. Nous avons hâte de mettre à l’épreuve cette méthode dans d’autres situations.

Entre nous le travail s’est réparti naturellement. Nous avons travaillé essentiellement en mode itératif. C’est-à-dire qu’à la genèse du projet Quentin apportait ses compétences en design industriel tandis que Joris faisait part de ses expériences de terrain en tant que : géographe, randonneur, militaire. En phase de prototypage nous poursuivions encore ce procédé avec le bureau d’étude et les usines afin de nous assurer de la cohérence du produit. En fait, le projet s’est construit sur le dialogue constant entre technique et pratique. 


Comment Lutech vous a-t-elle accompagnés ? 

[Joris] Lutech nous a apporté des moyens, ceux dont nous ne disposions pas, pour réellement développer le projet. De plus, les rendez-vous réguliers nous ont également fait prendre conscience du potentiel commercial de l’objet – ce qui ne manque pas de motiver. En mettant à notre disposition des moyens humains, techniques et économiques Lutech a permis à ce projet de vraiment prendre forme.

[Quentin] Lutech est à la fois une expertise et un soutien. Une expertise parce qu’il s’agit d’abord de donner corps au projet et de rendre notre démarche convaincante auprès de professionnels de la maturation dont l’avis a beaucoup compté tout au long du développement. Un soutien aussi parce que les moyens investis sont le gage d’une confiance, d’une reconnaissance de notre professionnalisme. C’est un moteur pour continuer à nous perfectionner et à faire exister le projet Vendredi.


Comment mieux sensibiliser les étudiants de l’ENSCI du monde de l’entreprise et favoriser l’essor de leurs projets vers une exploitation commerciale ? 

[Joris & Quentin] S’il y a deux mondes séparés, la priorité est alors une rencontre. Elle peut se faire à l’occasion du dépôt de dossier à la Satt Lutech,  en organisant (comme ce fût le cas pour mon expérience) des échanges avec des potentiels utilisateurs, en rencontrant les entreprises intéressées. Des formats peuvent sûrement être mis en place pour encourager ces rencontres et pourquoi pas faire émerger des projets à l’issue de celles-ci. Ensuite les expériences professionnelles sont très variées à l’ENSCI notamment parce que chaque étudiant(e) a la possibilité d’identifier un domaine dans lequel il (elle) se sent le plus à même d’intervenir. Le licensing d’un objet est un cas de figure déjà spécifique à une démarche très orientée design de produit. Les designers sont aptes à intervenir dans d’autres champs qui peuvent aussi être valorisées commercialement, comme le conseil aux entreprises, le design de services, la veille informationnelle, les métiers digitaux en plein essor.

 

(*) source : European Outdoor Group

 

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